tauromachie

nom féminin
(grec tauros, taureau) Art de combattre les taureaux de race sauvage dans un affrontement dont la forme la plus répandue est la corrida.

Les débuts des jeux tauromachiques semblent remonter au Moyen Âge en Espagne, sous une forme populaire, la chasse aux taureaux, et sous une forme réservée aux nobles, étroitement mêlée à l'art équestre. La vogue de la tauromachie s'est maintenue parmi la noblesse espagnole jusqu'au XVIIe s.
Au XVIIIe s., la corrida est devenue une distraction populaire, sous l'impulsion de Pedro Romero, originaire de Ronda, et de Francisco Montes Paquiro, habitant de Séville. Outre l'Espagne, elle se pratique en Amérique latine (essentiellement au Mexique) et en France, où elle est, depuis une loi de 1951, autorisée « dans les villes de tradition ininterrompue depuis dix ans ».
Le déroulement de la corridaLe rituelL'alguazil, personnage vêtu de noir, précède le paseillo, défilé des matadors suivis de leurs aides (peones et banderilleros), qui se présentent au public et au président, lequel, en agitant un mouchoir blanc, annoncera le début du combat (lidia). En général, trois toreros se succèdent, affrontant chacun deux taureaux.Le torero non confirmé affrontant des taureaux de moins de trois ans est un novillero. L'alternative est la cérémonie au cours de laquelle un novillero devient torero.Les phases du combatUn combat dure environ 20 min. Il comprend trois périodes (tercios). Au cours de la première, le matador prend la mesure du taureau, issu d'un élevage spécialisé (ganaderia). Il exécute une série de passes avec une grande cape fuchsia. Les picadores, à cheval, piquent l'animal avec leurs lances (varas) pour tester sa combativité. À l'issue de cette première phase, le président, sur la demande du public, peut décider de la sortie du taureau si celui-ci n'est pas jugé suffisamment combatif.Au cours de la deuxième période, le torero et les banderilleros plantent trois paires de banderilles sur l'animal, en lui faisant face. Au cours de la troisième période, le torero exécute de nouvelles passes, avec la muleta, morceau d'étoffe rouge. C'est la phase la plus spectaculaire du combat, durant laquelle le matador fait valoir sa virtuosité. Lorsqu'il pense que l'animal est suffisamment éprouvé, le matador demande au président l'autorisation d'effectuer la mise à mort – pendant que les peones attirent le taureau vers eux.Le matador s'efforce d'amener le taureau à se présenter face à lui, tête baissée. La mise à mort (estocade) est obtenue en plantant une épée dans l'encolure de l'animal. Pour cela, le matador peut soit attendre que le taureau le charge, soit s'élancer vers lui. Cette ultime phase du combat, la plus controversée, est aussi celle sur laquelle le torero sera jugé.Si l'animal tarde à mourir, le torero pourra se voir refuser les trophées (une oreille, deux oreilles, les deux oreilles et la queue, en fonction de la qualité de sa prestation), et même connaître la bronca de la part du public. Le torero peut offrir la mort de l'animal à une personne de l'assistance (brindis). Le taureau mort est évacué de l'arène.Les arènesLes arènes n'ont pas de dimensions ou de forme obligatoires. Elles sont le plus souvent construites à l'imitation des cirques de la Rome antique, donc de forme circulaire. La plaza de toros, où le torero et le taureau s'affrontent, est le plus souvent faite de terre battue recouverte de sable. Elle est entourée d'une palissade, en général en bois, et de gradins. Traditionnellement, la loge présidentielle est située face à la porte qui permet d'accéder au toril.L'Espagne compte un nombre important d'arènes. Les premières arènes permanentes furent construites à Madrid en 1749, à Séville en 1761 et à Saragosse en 1764. Néanmoins, les plus grandes arènes se situent à Mexico (Monumentale Plaza Deportes, 48 000 places). En France, les arènes les plus connues sont celles de Nîmes (20 000 places) et d'Arles (12 000 places).La mise en cause de la corridaL'« art » tauromachique déchaîne les passions en opposant ses aficionados et ses détracteurs. Les partisans de la corrida soutiennent qu'il s'agit d'un élément essentiel de la culture ibérique ancestrale, partie fondamentale des ferias qui se tiennent en Espagne d'avril à octobre. De plus, sans la corrida, les ganaderias n'auraient plus lieu d'exister et, de ce fait, la race des taureaux de combat s'éteindrait.Pour ses détracteurs, la corrida est un spectacle sanguinaire qui se termine inéluctablement par la mise à mort du taureau. En Espagne, celle-ci a lieu au centre de l'arène et, au Portugal, hors de l'arène. En France, elle est réglementée (la mise à mort ne pouvant se pratiquer que dans les villes revendiquant une tradition tauromachique de plus de cinquante ans).Les variantes du sport tauromachiqueIl existe des combats qui ne se terminent pas par la mise à mort de l'animal. Il en va ainsi, en France, de la course camarguaise, qui consiste à arracher au taureau divers attributs (cocarde placée au milieu du front, pompons fixés à ses cornes), et de la course landaise, dont le but est de réaliser des figures, feintes, etc., face à des vachettes.
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