réaction

nom féminin
(latin scolastique reactio, du latin classique actio, action) Manière dont quelqu'un, un groupe réagit face à un événement ou à l'action de quelqu'un d'autre : Sa première réaction a été de protester.
Action en réponse à une autre action, qui s'oppose à celle-ci et tend à en annuler les effets : Ce qui est excessif amène toujours une réaction.
Mouvement d'idées qui se crée par référence à un mouvement antérieur et qui vise à réagir contre lui : La Contre-Réforme, réaction de l'Église catholique contre la Réforme protestante.
Tendance politique qui s'oppose au progrès social et s'efforce de rétablir un état de choses ancien ; hommes, partis qui s'en réclament : Les menées de la réaction.
Manière dont une machine, un organe mécanique répond à certaines commandes : Réaction d'une voiture à l'accélérateur.
En réaction contre quelque chose, en vue de s'y opposer.

Aéronautique et Astronautique
Avion à réaction, avion propulsé par un ou plusieurs moteurs à réaction.
Moteur à réaction, moteur fonctionnant par éjection d'un flux gazeux sous pression et à grande vitesse. (Synonyme : réacteur.)
Automobile
Barre de réaction, dispositif empêchant la rotation autour de l'essieu d'un organe qui lui transmet un couple.
Industrie du bois
Bois de réaction, bois qui se forme dans les parties de l'arbre exposées à des efforts anormaux. (Arbres soumis à des vents dominants ou situés en terrains pentus.)
Chimie
Transformation se produisant lorsque plusieurs espèces chimiques sont mises en présence, ou lorsqu'une seule espèce chimique reçoit un apport extérieur d'énergie, et se traduisant par l'apparition d'espèces chimiques nouvelles.
Chaleur de réaction, énergie thermique mise en jeu dans une réaction. (Elle se mesure par calorimétrie ou se calcule à partir des variations d'énergie interne et d'enthalpie au cours de la réaction.)
Réaction à l'électrode, réaction électrochimique par laquelle s'opère le transfert d'électrons du milieu conducteur ionique au milieu conducteur électronique, ou vice versa.
Cybernétique
Synonyme de rétroaction.
Électronique et Télécommunications
Renvoi d'une fraction du signal de sortie d'un amplificateur vers son entrée.
Réaction négative, synonyme de contre-réaction.
Réaction positive, réaction qui renvoie vers l'entrée un signal en phase avec le signal d'entrée.
Mécanique
Les moteurs à réaction utilisés en aéronautique (turboréacteurs, pulsoréacteurs et statoréacteurs) sont conçus pour fonctionner dans l'air : ils aspirent de l'air à l'avant de l'avion et le rejettent vers l'arrière à une vitesse plus élevée. Dans l'espace, l'absence d'air oblige à employer d'autres types de moteurs (moteurs-fusées chimiques, moteurs nucléaires ou moteurs à propulsion ionique).

CHIMIEOpération fondamentale par laquelle on crée de nouvelles substances, la réaction chimique consiste en une transformation de la matière. Au cours de celle-ci, les atomes des molécules des réactifs se séparent puis se réarrangent pour donner naissance à de nouvelles molécules, qui constituent les produits de la réaction. Avant de tenter une réaction, il faut se demander si les réactifs mis en présence vont réagir pour donner les produits espérés. La plupart des réactions chimiques se déroulent en effet dans un sens privilégié. Dans certains cas, c'est l'inverse de la réaction souhaitée qui tend à se produire ! La solution de ce problème nécessite le recours à la thermodynamique chimique. Lorsqu'une réaction est « possible » – elle tend alors à se dérouler spontanément dans une direction donnée –, il importe d'en connaître la vitesse. Cela conditionne le passage du laboratoire à l'unité de production industrielle, qui se doit de fonctionner sans à-coups et sans réactions intempestives ; ce passage implique la réalisation d'installations « pilotes » de plus en plus grosses permettant d'optimiser les conditions de la réaction.Le mécanisme des réactionsUne réaction chimique s'accompagne de réarrangements dans la position des atomes ainsi que de modifications des diverses liaisons interatomiques. La façon dont ces changements se produisent au cours du temps constitue le mécanisme de réaction. Celui-ci se déduit d'études sur la cinétique.Très souvent, une réaction chimique peut être décomposée en réactions plus simples, dites réactions élémentaires. Par exemple, l'oxydation de HI (iodure d'hydrogène) par H2O2 (eau oxygénée) s'effectue en deux étapes. HI + H2O2 → HOI + H2O (1) et HOI + HI → I2 + H2O (2) soit, au total : 2HI + H2O2 → I2 + 2H2O. Dans ce schéma, l'espèce HOI qui est créée dans la réaction (1) mais consommée dans la réaction (2) est un intermédiaire réactionnel. Sa durée de vie peut être très brève, mais elle est, en principe, mesurable. Cet intermédiaire peut être observé par des techniques spectroscopiques.Si l'on considère maintenant une réaction élémentaire, on peut préciser la synchronisation entre les mouvements des différents atomes. L'exemple le plus simple est celui d'une réaction de substitution au cours de laquelle il se produit un mouvement concerté des atomes. Ceux-ci passent par une configuration géométrique instable, appelée complexe activé, qui n'est réalisée que pendant une durée de l'ordre de la période d'une vibration moléculaire (10−13 s).L'écriture des réactionsEn faisant réagir de l'aluminium (Al) et du soufre (S), on obtient du sulfure d'aluminium (Al2S3). La réaction s'écrit : 2Al + 3S → Al2S3. Les coefficients placés devant les symboles chimiques représentent les nombres de moles de chaque réactif qu'il faut mettre en présence pour que la réaction soit complète. Deux moles d'aluminium (de masse molaire M = 27 g), soit 54 g, mélangées à trois moles de soufre (M = 32 g), soit 96 g, donnent ainsi une mole de Al2S3 (M = 2 × 27 + 3 × 32 = 150 g). La réaction est complète tant que la proportion 54/96 est respectée.Dans le cas où des gaz interviennent : 3 Fe + 2O2 → Fe3O4, il est plus utile d'utiliser le volume molaire (le même pour tous les gaz), qui vaut 22,4 l à 0 °C. Ainsi, 3 moles de fer (M = 56 g), soit 168 g, réagissent avec 2 moles d'oxygène, soit 44,8 l, pour donner une mole d'oxyde de fer (M = 3 × 56 + 4 × 16), soit 232 g de Fe3O4.Catalyse et vitesse de réactionCertaines réactions n'ont lieu qu'en présence de substances bien précises, appelées catalyseurs, qui aident les produits à se former, mais n'entrent pas dans la composition des produits en réaction. Au sein d'une cellule, par exemple, les réactions biochimiques sont en général catalysées par des protéines particulières appelées enzymes, et l'on compte pratiquement autant d'enzymes qu'il y a de réactions chimiques. En isolant, en 1833, l'amylase, une enzyme pouvant scinder l'amidon, A. Payen et Jean-François Persoz (1805-1868) ont démontré toute l'importance de ces catalyseurs (qu'ils appelaient à l'époque des diastases) : ils permettent en effet d'extraire l'énergie contenue dans les longues chaînes carbonées, par exemple les aliments chez l'homme. Ainsi la lipase aide à digérer les graisses en les découpant en éléments plus simples appelés acides gras, la lactase décompose le lactose, ou sucre du lait, en sucres assimilables (glucose et galactose). → catalyseLa vitesse de réaction chimique est un facteur déterminant : elle dépend notamment de la température et de la concentration des réactifs en présence. Une réaction pourra se produire instantanément tandis qu'une autre nécessitera un temps très long. Par exemple, l'oxydation du fer à l'air libre, la rouille, peut durer des jours, voire des années si l'air est sec. En revanche, une explosion de nitroglycérine est la manifestation d'une réaction chimique extrêmement rapide qui libère une grande quantité de gaz en un temps très court : d'où la destruction provoquée par l'onde de choc de l'explosion.

PHYSIQUELes réactions nucléaires étudiées en laboratoire sont le plus souvent induites par des particules provenant d'un accélérateur ou par les neutrons d'un réacteur. La première fut réalisée par Rutherford en 1919 grâce aux particules α émises par le radium : .Comme dans toute réaction nucléaire, il y a conservation de la charge, de l'énergie et du nombre de nucléons, mais une faible variation de masse. De telles transmutations d'un élément en un autre servent à produire le plutonium à partir de l'uranium, le tritium à partir du lithium ou un isotope radioactif à partir d'un élément stable.
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