1. retraite

nom féminin
(de retraire) Action de se retirer de la vie active ; état de quelqu'un qui a cessé ses activités professionnelles : Prendre sa retraite.
Prestation sociale versée à quelqu'un qui a pris sa retraite : Toucher sa retraite.
Éloignement où l'on se tient des préoccupations profanes pendant quelques jours pour se recueillir ; lieu où se déroulent ces exercices.
Lieu où quelqu'un se retire pour vivre dans le calme, la solitude, ou pour se cacher : Un appartement qui a servi de retraite à un fugitif.
Marche en arrière d'une armée qui ne peut se maintenir sur ses positions.
Battre en retraite, reculer devant l'ennemi ; faire machine arrière.
Retraite aux flambeaux, défilé nocturne organisé à l'occasion d'une fête publique, à la lueur des lampions.

Bâtiment
Diminution donnée à l'épaisseur d'un mur, étage par étage, à mesure que l'on s'élève.
Droit
Caisse de retraite, organisme administratif qui gère un régime légal ou complémentaire de retraite.
Retraite anticipée, prestation qui était versée dès 60 ans, avant l'abaissement de l'âge de la retraite, au taux normalement applicable à 65 ans à certaines catégories d'assurés (anciens combattants et prisonniers de guerre, travailleurs ayant exercé des travaux pénibles, etc.).
Retraite complémentaire, part de la retraite versée par les régimes complémentaires de retraites créés par convention collective.
Marine
Pièce de retraite, canon qui se trouve à l'extrême arrière d'un navire de guerre.
Tirer en retraite, tirer dans la direction de l'arrière.
Militaire
Signal (sonnerie de clairon, batterie de tambours) marquant la fin d'une manœuvre ou d'un tir.
Manœuvre en retraite, replis successifs d'une troupe pour pouvoir livrer à nouveau bataille dans des lieux et des temps choisis.
Vénerie
Sonnerie de trompe qui marque la fin de la chasse.

Le premier régime de retraite est apparu en France en 1853 au profit des fonctionnaires de l'État. Pour le secteur privé a été institué en 1910 un régime interprofessionnel facultatif de retraite. Puis la création, en 1930, des assurances sociales a offert un régime de retraite obligatoire aux salariés du secteur privé. Depuis 1945, la Sécurité sociale comprend une branche retraite gérée par la Caisse nationale des assurances vieillesse (C.N.A.V.). De nos jours, les actifs relèvent du régime des salariés du secteur privé (70 %), des régimes spéciaux du secteur public (20 %) et des régimes des non-salariés, artisans, commerçants, professions libérales et agriculteurs (10 %). Au total, on compte 28 régimes différents ! La réforme des retraites engagée par la loi Fillon du 22 août 2003 tend à réduire les disparités entre le secteur public et le secteur privé, lui-même déjà réformé par la loi du 22 juillet 1993.
Les systèmes de retraiteLes systèmes de retraite relèvent de deux techniques : la première, dite de « répartition », fait appel à la solidarité entre générations – les cotisations des actifs servant à payer les pensions des retraités – ; la seconde, dite de « capitalisation », est fondée sur l'épargne individuelle.Le cumul des deux systèmes est possible. Ainsi, aux États-Unis coexistent un régime obligatoire au profit de tout le secteur privé et des fonds de pension facultatifs auxquels adhèrent près de la moitié des salariés.En France, le système par répartition domine avec l'addition d'un régime de base et d'un régime de retraites complémentaires obligatoires. Ce dernier a été créé en 1947 pour les cadres (Association générale des institutions de retraite des cadres [A.G.I.R.C.]) et en 1961 pour les autres salariés du secteur privé (Association des régimes de retraites complémentaires [A.R.R.C.O.]). En 1973, la loi a généralisé le système des retraites complémentaires à l'ensemble des salariés du secteur privé. Les agents non-titulaires de l'État relèvent de l'I.R.C.A.N.T.E.C. (Institution de retraite complémentaire des agents non-titulaires de l'État et des collectivités territoriales).La retraite par répartitionLes salariés du secteur privé bénéficient d'un régime de base servi par la Sécurité sociale. Les salariés agricoles, les artisans et les membres des professions industrielles et commerciales sont alignés sur ce régime. Le montant de la pension est calculé selon la formule suivante :retraite = (salaire annuel moyen) × (taux) × (durée validée/160).Le salaire annuel moyen correspondait, en 2004, à la moyenne des salaires perçus pendant les 21 meilleures années (ce seront les 25 meilleures années en 2008), sans que ces derniers puissent dépasser le montant annuel du salaire plafond de la Sécurité sociale.Le taux est fonction de l'âge et de la durée de cotisation. Il est au maximum de 50 %. Il peut être réduit, sans être inférieur à 25 %, pour les personnes partant à la retraite à moins de 65 ans et ayant moins de 160 trimestres de versements. En cas de retraite à taux plein, un bonus de 3 % par an est attribué à ceux qui prolongent leur activité entre 60 et 65 ans.La durée validée est l'addition des trimestres de cotisation et des trimestres pris en compte (service militaire, maternité, congé parental, chômage, etc.). Au régime de base de la Sécurité sociale s'ajoute le dispositif des retraites complémentaires, qui dépend du nombre de points acquis tout au long de la carrière et de la valeur du point au jour de la retraite.Le système de la fonction publique se rapproche progressivement de celui qui est applicable dans le privé. Le salaire de base (hors primes, indemnités, heures supplémentaires…) est celui qui correspond à l'indice détenu depuis les six derniers mois. Pour obtenir 75 % de ce salaire de base (maximum), il fallait avoir cotisé 150 trimestres. La loi Fillon allonge progressivement cette durée, qui atteindra, comme dans le secteur privé, 160 trimestres en 2008 et 164 en 2012. Comme pour le secteur privé aussi, les retraites sont désormais réévaluées annuellement en fonction des prix et non plus en fonction des salaires. Une décote sera appliquée à partir du 1er janvier 2006 aux fonctionnaires et militaires partant avant la limite d'âge sans avoir acquis le nombre maximal de trimestres.La problématique des retraites par répartitionLe système de retraite par répartition est affecté par les évolutions démographiques et plus précisément par le rapport actifs/inactifs. Le papy-boom qui va marquer les années à venir est la suite logique du baby-boom des années 1950. Il est accentué par l'augmentation de l'espérance de vie, qui allonge la durée de retraite. Le rapport actifs/inactifs se détériore. En 2000, pour 10 personnes appartenant à la classe d'âge comprise entre 20 et 59 ans, on comptait 4 personnes âgées de plus de 60 ans. Elles seront au nombre de 5 en 2020, et de 7 en 2040. Un fonds de réserve des retraites a été créé en 1999. Alimenté notamment par les produits de privatisations ou les redevances sur les téléphones mobiles, il devrait accumuler 152 milliards d'euros d'ici à 2020, mais il n'est pas suffisant. Sauf à y consacrer 4 % du P.I.B. d'ici à 2040, il faut, pour maintenir l'équilibre, jouer sur deux facteurs : l'augmentation des taux de cotisation et l'allongement de la durée de cotisation.La France, l'Italie et l'Allemagne connaissent un taux d'activité des 55-64 ans parmi les plus bas d'Europe (entre 37 et 38 %). La Suède (65 %), la Grande-Bretagne (50 %) et la Finlande (43 %) se situent à l'opposé. En 2002, le Conseil européen de Barcelone a invité les États de l'Union à augmenter de cinq ans l'âge moyen de cessation d'activité, mais la fixation de celui-ci demeure de la compétence exclusive des États membres. Aux États-Unis, l'âge de la retraite doit être porté de 65 à 67 ans d'ici à 2027.Certains régimes (par exemple, ceux des mineurs ou des marins) sont déjà très déficitaires du point de vue démographique et font l'objet d'une compensation financière qui est supportée par les autres régimes et administrée par la Caisse des dépôts et consignations.La retraite par capitalisationLa retraite par capitalisation est un système individualisé qui comprend deux catégories : le système à « prestations définies », où le montant final de la retraite est connu – les cotisations pouvant alors varier –, et, à l'inverse, le système à « cotisations définies » : les cotisations sont versées dans un portefeuille tenu par un organisme extérieur ou par l'entreprise. Aux États-Unis, les fonds de pension gèrent environ 7 000 milliards de dollars. Ce dispositif est très sensible aux variations de la Bourse ou à la santé des entreprises (on connaît l'exemple de faillites retentissantes aux États-Unis). D'inspiration libérale, il est très fortement contesté en France par les syndicats, qui craignent que le développement de fonds de pension ne soit le préalable au démantèlement du système par répartition. Les plans partenariaux d'épargne salariale volontaire pour la retraite (P.P.E.S.V.R.) de même que les plans d'épargne retraite populaire (P.E.R.P.) sont assez proches du système de retraites par capitalisation.
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